> Article de Bruno LATOUR, « Relançons l’économie : Surtout pas ! »

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« La crise sanitaire est enchâssée dans ce qui n’est pas une crise – toujours passagère- mais une mutation écologique durable et irréversible. Si nous avons de bonnes chances de sortir de la première, nous n’en avons aucune de sortir de la seconde. »

Le coronavirus a montré que, contrairement à ce qui avait toujours été dit, il est possible de stopper le système partout et en même temps sur une simple volonté politique.

Mais cette pause soudaine n’est pas qu’une chance pour les écologistes qui la réclamaient depuis longtemps, c’est aussi une aubaine pour les « globalisateurs » : « l’occasion est trop belle, pour eux, de se défaire du reste de l’État providence, du filet de sécurité pour les plus pauvres, de ce qui demeure encore des réglementations contre la pollution, et, plus cyniquement, de se débarrasser de tous ces gens surnuméraires qui encombrent la planète, » tout en continuant à se « constituer des bastions fortifiés » qui leur permettra d’échapper aux conséquences du réchauffement climatique.

Mais, « si l’occasion s’ouvre à eux, elle s’ouvre aussi à nous. Si tout est arrêté, tout peut être remis en cause, infléchi, sélectionné, trié, interrompu pour de bon ou au contraire accéléré. […] La dernière des choses à faire serait de reprendre à l’identique tout ce que nous faisions avant»

Devenons d’efficaces « interrupteurs de globalisation », aussi efficace que le virus. « Imaginons les gestes barrières contre chaque élément d’un système de production dont nous ne souhaitons PAS la reprise. »

« Les globalisateurs semblent avoir une idée très précise de ce qu’ils veulent voir renaître après la reprise : la même chose en pire (…) A nous de leur opposer un contre-inventaire, en déterminant d’abord chacun pour soi puis en groupe à quoi nous sommes attachés et de quoi nous voulons nous libérer. »

Pour cela, voici une aide à l’auto-description.